Pensée
En voyant ces villages de poussière à travers mes écrans de fumée,
Je vois leurs rires et leurs joies entre amis.
Je vois leurs pleurs et leurs cris.
Enfants de pays oubliés, occident et colonies.
Se battre, s'informer, ce n'est pas nous qui envoyons cette armée.
poésie 09/03
Te voir,
t'apercevoir.
Je ne peux qu'imaginer.
ta personnalité.
Ressentir, imaginer
Cela fait longtemps.
que j'attends
d'enfin éprouver.
Qui es-tu ?
Seulement un corps
Croisé, par hasard
Mes mots veulent s'agrandir.
Dire bonjour ne suffit pas.
Regard
S'enfuir, se cacher, mets-toi à leur place.
Mets-toi à l'heure, leur ferais-tu face ?
La guerre est loin, tu ne fais que la censurer.
Le monde est en feu, ton jardin en sécurité.
Garçon d'honneur
Pourquoi j'ai regardé Garçon d'honneur ?
Il paraissait fichtrement marrant. La couverture nous présente un mariage où quelques personnes ont des têtes surprises et amusées. Ce qui m'a intrigué, puis j'ai retourné la jaquette. J'ai lu le pitch : un Taïwanais naturalisé américain vivant avec son compagnon voit ses parents débarquer afin de le voir réaliser leur rêve : leur fils se marie !
Ce film d'Ang Lee date de 1993. Vu les sujets abordés, on pourrait croire que le film n'a pas plu. Or c'est apparemment l'un des classiques du cinéma d'Ang Lee. Ce film traite de beaucoup de sujets assez tabous à l'époque et un peu aussi maintenant.
Tout d'abord, l'homosexualité est un des sujets principaux du film : comment être un expatrié taïwanais et un homosexuel aux yeux des siens ? Wei-Tong répond à cette question tout au long du film avec des scènes touchantes, preuves de son amour avec Simon.
Un autre sujet important est le rêve américain ou l'immigration en quête d'un monde meilleur. Wei-Tong vit grâce à l'immeuble qu'il loue malgré l'insalubrité et semble avoir réussi dans son aventure américaine. Au contraire, Wei-Wei est une Américaine déprimée qui n'arrive pas à s'en sortir. Son désespoir se montre quand Wei-Tong vient réclamer son loyer et qu'elle n'a qu'une de ses toiles sans grande valeur à lui donner.
C'est là que Simon propose à Wei-Tong d'épouser Wei-Wei afin qu'elle bénéficie d'une carte verte et que les parents de Wei-Tong arrêtent de l'harceler à propos du mariage. C'est sans compter leur arrivée en Amérique !
On entre alors dans le domaine de la famille et du respect pour ses aînés. Wei-Tong veut faire valoir la volonté de son père, avoir un petit-fils, avant qu'il ne meure.
On se retrouve dans un melting pot de liaison et de trahison les uns envers les autres où Wei-Tong est l'un des piliers de ce mélange. Il essaye tant bien que mal de rester le plus possible avec Simon tout en faisant croire à ses parents un amour idyllique avec Wei-Wei.
Le dernier sujet assez présent du film sont les différences de culture entre tous les personnages. Même si Wei-Wei est chinoise, elle est très acceptée par la famille taïwanaise de Wei-Tong. Au milieu, Simon essaie de s'en sortir en tant qu'Américain.
Je n'ai pas forcément été marqué par les images et la musique, mais plutôt par le rythme du film. Il y a beaucoup de rebondissements, même quand les personnages essayent de dormir.
Ce que j'apprécie énormément dans le film, ce sont les personnages qui sont très bien construits. Chacun d'eux crée un sentiment et une intrigue différente.
En bref, je me suis bien amusé et j'ai envie de voir les autres films d'Ang Lee. Je n’ai pas de recommandations pour vous, sauf peut-être attendre la reprise du film par Hollywood en 2025 sous le nom de The Wedding Banquet, qui est plus orientée entre la Corée du Sud et les États-Unis.
Et vous, ça vous donne envie de le voir ?
Adolescence-série
Adolescence est une série créée par Jack Thorne et Stephen Graham. Elle est composée de 4 épisodes d'environ une heure chacun. Le fil rouge de la série suit tout ce qu'il se passe autour de Jamie, un jeune garçon de 13 ans subitement arrêté par la police.
Le premier épisode se déroule entre la maison et le commissariat de police, il présente tous les personnages et leur conflit.
Le second est entièrement dans le collège de Jamie avec deux enquêteurs.
Le troisième est une discussion entre Jamie et une psychologue.
Pour finir, le dernier présente la vie de la famille de Jamie.
Bon, résumé ainsi, ça donne pas très envie, même moi. Alors, c'est au bout d'une demi-heure du premier épisode que j'ai réalisé que c'était un plan-séquence depuis le début. Vous l'aurez compris, chacun des épisodes qui dure 50 minutes est un plan-séquence. Il y a peut-être des coupures, mais la mise en place reste incroyable. Plein de personnages arrivent devant la caméra et reviennent 15 minutes plus tard de manière tellement fluide. J'ai adoré ce côté technique de la série.
Mon épisode est certainement le troisième, une heure de discussion entre un gamin et un psy. Quasiment sans musique. Je me suis retrouvé intégré dans le réel de la scène, j'étais avec cette psy qui essaye de décrypter Jamie.
Dans chaque épisode, on apprend un peu plus sur l'affaire et sur les personnages. On ne connait pas forcément la fin de toutes les histoires introduites et j'aime beaucoup ce principe de s'inventer la fin. Faire travailler le spectateur après la fin des épisodes et de la série. J'ai trouvé, en ligne, des commentaires qui critiquent cela. C’est dommage que maintenant nous ayons accès à toutes les réponses, alors que, lorsqu'on regarde Inception, on se pose mille questions à la fin.
Que va-t-il se passer ? Ça crée une discussion entre les internautes, les spectateurs. C'est un peu comme un géant coup de com' où tout le monde va s'interroger sur la fin.
Les jeux des acteurs étaient plutôt sympas pour le sujet du film, j'étais cependant plus concentré sur la technique du film.
Cela fait longtemps que je n'avais pas vu une série en plan séquence, depuis la série L'effondrement sur Canal. Si vous cherchez le côté temps réel et discussion interminable, je vous conseille plutôt The Circle.